Biodiversité

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jeudi 27 février 2014

Le dur hiver du tétras-lyre

L’oiseau a beau vivre en montagne, la saison est toujours une épreuve vitale. D’où l’idée de le protéger des dérangements. Skieurs et randonneurs, passez au large !
Photo Bernard Bellon
Photo Bernard Bellon

Alors que le massif a pris des allures polaires, un bel oiseau au plumage d’un noir bleuté marche sur la couche fraîche en quête d’un refuge. Ses pattes emplumées jusqu’aux ongles ont beau faire office de raquettes à neige, il redoute toujours l’hiver.

Le tétras-lyre, espèce relique de l’ère glaciaire, a pourtant traversé les âges et son habitat de prédilection se situe entre 1 400 et 2 300 mètres d’altitude, où la neige n’est pas rare. Néanmoins, ses conditions de vie ont bien changé ces dernières années ce qui en fait une espèce fragile. D’autant plus dans le Vercors où l’animal est en limite d’aire de répartition. Dans un contexte de réchauffement climatique, les zones-limites sont évidemment les premières affectées.

Alors qu’à l’automne, les jeunes et les femelles restent groupés, les mâles retournent à une vie de solitaire. Notre oiseau cherche un ubac, versant sur lequel la neige se transformera moins, une belle poudreuse, légère, dans laquelle il va s’enfouir. Il pourra ainsi rester à l’abri, à une température quasi constante d’environ 4°C, ne sortant qu’une à deux heures par jour pour se nourrir. Cette vie monacale est la condition de sa survie.

Il aurait certainement traversé quelques millénaires supplémentaires si n’étaient apparues des perturbations auxquelles il peine à s’habituer. En période hivernale, le petit coq de bruyère craint surtout d’être délogé. Or, ces belles pentes couvertes d’une poudreuse immaculée sont fort tentantes pour le skieur amateur de sensations ou le randonneur en raquettes : quel plaisir en effet de laisser sa trace, de faire crisser les cristaux sous ses pas, de s’enfoncer dans le manteau comme dans du coton ! Pourtant, ce plaisir-là, le tétras-lyre le paie fort cher. Se sentant menacé, l’oiseau quitte son igloo en catastrophe et dépense une énergie folle pour trouver refuge sur une branche, le temps de sentir le danger s’éloigner. Il se refroidit et s’affaiblit alors que sa nourriture du moment, souvent limitée à des aiguilles de conifères, est bien peu énergétique. Le parc naturel du Vercors, qui a fait du tétras- lyre son emblème, tient naturellement à le protéger. L’OGM – Observatoire des galliformes de montagne –, a mis en place un protocole pour recenser ses zones d’hivernage et cartographier finement les zones skiées. Il l’a testé sur le Vercors. Les résultats pourraient décider d’instaurer des mesures de protection, des zones de tranquillité comme cela existe déjà dans le parc national des écrins ou dans le PNR des Bauges. On matérialise les espaces protégés par des piquets et des cordes afin de tenir les skieurs à distance et de laisser de l’air aux oiseaux. Ces opérations, doublées d’une information sensibilisant les sportifs à la fragilité du tétras devraient laisser chacun profiter de son espace vital ou de plaisir. « à chacun sa poudreuse », résume un dépliant des écrins ! Dont acte. lise combe

Réserve naturelle : d’abord la reproduction

Le tétras-lyre appartient à l’ordre des galliformes, comme le grand tétras, le lagopède et la gélinotte. La reproduction a lieu au printemps et la ponte – de 5 à 10 oeufs – en mai-juin. Il peut vivre 9 à 10 ans et atteint sa maturité sexuelle à un an. Sur l’ensemble du PNR, la population est estimée à environ 200 mâles dont la moitié dans la réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors. L’oiseau vit ici en limite de son aire de répartition, et sa survie est menacée. Il est malgré tout chassé. Pour le territoire de la Réserve, une convention a été signée en 2011 avec les fédérations de chasse de la Drôme et de l’Isère : ces dernières participent aux diagnostics, au comptage et un plan de chasse y est établi. Depuis deux ans, compte tenu du mauvais taux de reproduction, les chasseurs ont décidé de ne pas prélever de tétras sur la Réserve.

mercredi 26 février 2014

Le Mont Aiguile n’a pas révélé tous ses secrets

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Il a suffi d’une photo de la prairie sommitale montrant une floraison exceptionnelle pour motiver une expédition scientifique. Sur place, les questions fusent sur les spécificités de cette île en plein ciel. émotions et premières découvertes.
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C’est l’histoire d’une passion qui se propage comme des graines semées par le vent. Celle d’un sommet, atypique, qui ne peut passer inaperçu alors qu’il trône dans le parc naturel régional du Vercors. « Il est le phare, le totem de ceux qui sont attachés au massif, souligne Lionel Vignal, guide de montagne. Et il est considéré comme le berceau de l’alpinisme du fait de son ascension le 26 août 1492. » Depuis cette première, ordonnée par Charles VIII, le mont Aiguille a connu bien des grimpeurs. Un, en particulier, est à l’origine de l’intérêt des scientifiques aujourd’hui. « J’étais stupéfait devant une image rapportée par Bernard Angelin, raconte Pierre-Eymard Biron, conservateur de la réserve naturelle des Hauts-Plateaux. Elle montrait une floraison impressionnante sur la prairie sommitale. J’ai alors organisé une expédition avec les membres du conseil scientifique du PNR pour aller voir ça de plus près. »

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Et Bernard Angelin fut naturellement de la sortie. Originaire du Vercors, ce professeur d’éducation physique est tombé sous le charme du mont Aiguille adolescent et n’a cessé, depuis, de le gravir, en toute saison, par toutes les voies, seul ou comme accompagnateur. « J’y ai fait plus de 1 500 ascensions. Je ne m’en glorifie pas, c’est un besoin !, sourit-il. Le milieu a été décrit de tout temps mais Pierre-Eymard a pris conscience, avec cette image, de son caractère particulier. »

Ainsi, au printemps 2012, une quinzaine de spécialistes : botanistes, ornithologues, entomologistes, naturalistes, climatologues…et Catherine Brette, vice-présidente du PNR en charge de la biodiversité, s’encordent pour atteindre les 2 086 mètres de cette île perchée et y rester deux jours. Lionel Vignal les y conduit : « Les scientifiques ont parlé durant toute la montée de ce qu’ils allaient faire et, dès qu’ils ont été sur la prairie, ils se sont éparpillés dans tous les sens comme des gamins devant un nouveau jouet. Pourtant, à la fin, ils étaient extrêmement sérieux en faisant leur rapport autour d’un maître de cérémonie. Depuis, je ne regarde plus le sommet du même oeil. »

Bernard Angelin a vécu la même émotion : « J’ai été émerveillé par leur bilan. J’ai découvert toute la richesse du lieu. Bien sûr, j’avais vu l’explosion de lis de Saint-Bruno, de lis martagon, de tulipe aussi, symbole du Parc, mais eux ont noté la présence d’espèces qui ne me paraissaient pas remarquables, à tort. »

Pierre-Eymard est enchanté de l’initiative. « Le lieu, isolé et préservé, laisse penser qu’il y aurait potentiellement des espèces endémiques,que l’on ne rencontre que là. On pense que le pâturage favorise la flore, or, elle est plus spectaculaire là-haut que sur les prairies pâturées qui connaissent les crottes de moutons depuis deux mille ans. Concernant les animaux, la première impression est qu’ils se montrent moins farouches qu’ailleurs. » Surprise aussi quant au nombre de campagnols des neiges. « J’ai été impressionné par la mise en place de pièges par Jean-François Noblet*, raconte Bernard Angelin. C’était extra de le voir manipuler ces petits mammifères. Et surprenant de le voir courir à 21 heures, pour libérer les femelles car un membre de l’équipe venait de réagir que les petits, juste nés, risquaient la mort sans leur mère. »

Bien sûr les observations engendrent une foule de questions : pourquoi n’y a-t-il pas de pins à crochets sur la pelouse ou autres arbres qu’on trouve habituellement sur les crêtes ? Pourquoi n’a-t-on pas vu de reptile et peu de carabes ?… La moisson de connaissances fut assez stimulante pour motiver des études approfondies pour l’avenir.

lise combe

Pistes à explorer

« L’expédition partait avec trois grandes questions, indique François Véron, président du conseil scientifique du parc du Vercors. Le Sud-Est du massif est déjà un foyer d’endémisme*, le caractère isolé du mont pouvait renforcer cet aspect. La pelouse n’y est pas pâturée, on ne savait donc pas à quoi s’attendre. Enfin, dans un contexte de changement climatique, les espèces y ont moins de possibilité de migration, une étude pourrait être révélatrice des évolutions. » Pas de réponse pour l’instant, mais la singularité du lieu est déjà démontrée. « On a noté une structuration inhabituelle. Par exemple, les plantes à fleurs dominent largement les graminées, il y a une abondance de fourmilières mais les espèces sont peu variées. De même, les micromammifères pullulent mais nous n’en avons vu que deux espèces. »
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jeudi 11 juillet 2013

3ème semaine (1 au 7 juillet)

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jeudi 11 juillet 2013

2ème semaine (24 au 30 juin)

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1ére semaine (17 au 21 juin)

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jeudi 11 juillet 2013

Présentation des stagiaires 2013

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dimanche 23 juin 2013

Présentation des "gros bébés"...

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samedi 22 juin 2013

Une cavité avec cloison...

Pour ceux qui ont pu observer « nos » 2 petits protégés grâce à la webcam, vous avez pu vous rendre compte qu’une séparation a été installée entre eux...

Pourquoi ? Tout simplement pour éviter tout risque d’agression d’un des deux oiseaux sur l’autre.

En effet, si chaque année nous avons eu affaire à des échanges musclés entre les oiseaux mis dans la cavité, ces échanges sont restés malgré tout brefs et non violents. La hiérarchie s’étant vite installée, nous n’étions plus confrontés à des actes de violence gratuite...

Cette année, de part leur différence d’âge très importante (18 jours), le risque de voir des coups de becs est fort. Plus que les années précédentes. Nous avons donc préféré cloisonner les oiseaux pour éviter que des blessures surviennent, des blessures pouvant être fatales. Il ne faut pas oublier qu’en milieu naturel, lorsque deux œufs sont pondus par la femelle, le premier qui sort de son œuf utilise le deuxième pour s’alimenter...

samedi 22 juin 2013

Les premiers jours depuis leur arrivée...

La 4ème année de réintroduction du gypaète barbu étant lancée depuis peu, voici quelques nouvelles rapportées par l’équipe de stagiaire assurant le suivi et la surveillance des oiseaux en semaine...

Amanda Prime, stagiaire « gypaète », nous raconte :

" Ce mercredi 19 juin 2013, a débuté ce nouveau mois d’aventures, de péripéties, de suspens, de coquineries, de bêtises et de farnientes barbuesques !

C’est ainsi que Kirsi (probablement un mâle de 91 jours, en attente des résultats des analyses génétiques) et Gerlinde (femelle de 110 jours) sont arrivés dans nos vertes montagnes, sous un soleil un peu capricieux et un vent fou.

Après avoir réussi à déjouer les malices d’un cameraman capricieux, nos deux petits ont pu découvrir les joies de leur cavité installée tout spécialement pour eux. Ce qui a valu un mouvement de joie (inoubliable) à notre garde Bruno, profondément investi dans l’opération.

Les oiseaux ont rapidement surmonté le stress du voyage et se sont rapidement mis à s’alimenter, à boire et à fienter normalement. Déjà on découvre les traits de caractère de chacun. Ainsi, Kirsi est plutôt passif et aime bien se laisser aller, il rêvasse dans son nid et ne se décide à s’activer que pour aller boire (et pas qu’un peu !), manger et faire quelques séries de battement d’ailes. Gerlinde, elle montre bien qu’elle est plus âgée et plus responsable en restant presque en permanence en vigilance, observant tout ce qu’il se passe. Elle est aussi beaucoup plus inventive que son compère et aime manipuler ce qui se trouve dans la cavité. Ainsi, elle a réaménagée son nid ! Elle est aussi très coquette, ne se lassant jamais de remettre ses plumes en place… (nous ne ferons aucun commentaire à ce propos…) On regrette cependant qu’ils ne soient pas plus actifs sur les battements d’ailes… espérons qu’ils s’y mettront rapidement, ce ne sont pas des animaux terrestres tout de même !

Nos deux protégés ont d’ores et déjà eu droit à des visites intéressantes, deux jeunes chamois sont montés les voir rapidement ainsi qu’un bouquetin qui a eu la peur de sa vie ! Des vautours fauves, des aigles royaux, des grands corbeaux, des martinets et un pic noir sont passés dans le ciel, à distance ou à proximité de la cavité suscitant à chaque fois l’intérêt de Gerlinde.

Nous les avons quittés ce vendredi, tous deux endormis paisiblement, laissant la place aux bénévoles du week-end… que nous réservent-ils la semaine prochaine ?"

samedi 22 juin 2013

Début de la 4ème année de l’opération...

Ce 19 juin 2013, nous avons eu le plaisir de lancer la quatrième année du programme de réintroduction du gypaète barbu sur le Vercors.

Gerlinde, femelle autrichienne, provenant d’un zoo de Vienne, et Kirsi, oiseau (sexe en cours de détermination) provenant de Finlande (centre d’élevage dans un zoo d’Helsinki), ont été réintroduits dans la cavité habituelle.

La surveillance et le suivi sont maintenant engagés pour nous assurer de leur bon développement et de leur envol prochain...

Nous vous invitons à suivre leurs aventures en lisant régulièrement des nouvelles rapportées par les stagiaires qui assurent le travail en semaine... N’oubliez-pas non plus l’accès à la webcam pour les observer en "direct", en vous connectant sur le lien suivant : http://www.parc-du-vercors.fr/fr_FR...

Bon suivi et à très vite !

Une cavité avec cloison...

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Les premiers jours depuis leur arrivée...

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samedi 22 juin 2013

Début de la 4ème année de l’opération...

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mardi 26 février 2013

4ème semaine - L’envol de Gerlinde

L’envol d’une petite reine

Comme convenu, ce lundi 8 juillet, la liberté a été offerte à Gerlinde. A 10h24, le grillage de son côté a été retiré. Dès que Bruno, le garde, ne fut plus en vue, elle avança à pas assurés et sortit de la cavité. Comme les années précédentes elle en longea le bord en faisant quelques battements d’ailes accompagnés de sautillements mais sans jamais être déséquilibrée. Après avoir franchi la sortie, elle s’est aventurée sur le sentier d’accès à la cavité, à pied au milieu des pins à crochets ! Nous commencions à nous demander si on nous avait pas vendu un faisan quand arrivée au milieu du chemin, après avoir exploré les alentours pendant une heure, à 11h41, elle s’est positionnée face à la pente et d’un bond fantastique s’est élancée dans le vide. Six battements d’ailes puissants ont suffi à lui donner l’élan nécessaire pour enchaîner un magnifique plané parfaitement maîtrisé. Suivant une courbe gracieuse, elle a contourné l’avancée rocheuse où se trouve la cavité pour aller se poser 800m plus loin dans le pierrier au-dessus de la piste situé juste avant l’accès à la cavité. L’atterrissage fut parfaitement maîtrisé, elle est arrivée face à la pente, pattes en avant, prêtes à amortir le choc. La stupéfaction fut de mise devant la performance de cette gypaète décidément exceptionnelle d’autant plus que seulement 10min après le premiers vol elle en fit un deuxième sur 50m en survolant le pierrier. Dès le lendemain, mardi 9 juillet, elle est partie vers le cirque d’Archiane pour se percher dans les Aiguilles au-dessus de Bénevise. Elle est restée dans le secteur jusqu’au mercredi matin où elle s’est envolée en direction des Reposoirs puis a été perdue de vue. Elle a ensuite été aperçue au-dessus de la pointe de Tussac. C’est le lendemain qu’elle a pu être observée pendant une heure et de nouveau vendredi 12 juillet pendant la curée qui a été effectué sur la pointe exprès pour elle. Elle s’est posée à distance, a d’abord observé et s’est finalement approchée lorsque la curée fut presque finie pour pouvoir s’alimenter à son tour.

Kirsi quand à lui a été très perturbé par le départ de sa compagne de taquet. Il a ainsi changé complètement de rythme à partir de mardi. Son taux d’activité a diminué de manière très nette, il reste la majeure partie du temps couché dans son nid ou sur son perchoir à contempler le vide. Jeudi on a remarqué qu’une de ses rémiges était par terre, il s’amusait d’ailleurs avec. Le lendemain c’est sa première rémige primaire qui pendait mollement, retenue à son aile par un tout petit bout de kératine. S’arracherait-il les plumes ? Dans ce cas son état devient inquiétant, d’autant plus qu’il mange, bois et fiente beaucoup moins.

Nous espérons qu’il se remettra vite et que Gerlinde continuera à nous en mettre pleins les yeux !

mardi 16 octobre 2012

Changements climatiques : des écosystèmes fragiles à surveiller

Situé à la transition entre Alpes du Nord et Alpes du Sud, le Vercors est soumis à la triple influence climatique de l’altitude, des précipitations océaniques et des régimes méditerranéens. Si l’un des traits dominants du climat qui le caractérise est l’influence montagnarde et (dans une moindre mesure) continentale, sa position géographique l’amène à recevoir les influences fortes de type océanique à l’ouest et méditerranéen au sud. Ce mélange d’influences climatiques, visible autant dans les précipitations que les températures, a fait du Vercors un massif préalpin particulier et a participé largement à la richesse des milieux et des espèces rencontrées sur le territoire.

Dans l’avenir, si les changements climatiques annoncés se confirment, l’équilibre de ces trois influences serait modifié. Quelles seraient les répercussions sur l’évolution de la biodiversité dans le Vercors ? Si les conséquences du changement climatique sur la biodiversité sont encore à l’heure actuelle peu connues, des études sont menées pour palier aux diverses incertitudes. Ainsi, le Vercors est labellisé “Zone Atelier Alpes”. Il s’agit d’un programme de recherche soutenu par le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) qui tend à comprendre les relations entre le climat, les espaces naturels et les activités telles que le tourisme, l’agriculture… Cette reconnaissance permet la mise en place de programmes de recherche de longue durée.

Afin de mieux comprendre ces interactions, le Parc du Vercors a établi, en collaboration avec l’université Joseph Fourier de Grenoble, un programme “Observatoire éco-climatique”. Ce partenariat de recherche, lancé en 2005, a permis l’installation de trois stations de mesures climatiques sur la réserve des Hauts Plateaux du Vercors.

L’eau sur le Parc du Vercors est une ressource vulnérable. Cette fragilité est liée à la nature même des roches qui constituent le massif (calcaire kartsifié). La possible perturbation des régimes climatiques dans les années et le siècle à venir pourrait avoir pour conséquence majeure l’augmentation des températures. Les précipitations tomberont principalement sous forme liquide, ainsi le stockage hivernal (pourtant essentiel) sera moins important. En période estivale, les quantités d’eau disponibles seront alors certainement plus faibles et la qualité risque d’être dégradée.

Afin d’anticiper ces éventuelles modifications hydrologiques et climatiques, un double observatoire de mesures physiques est, à l’heure actuelle, mis en place afin de connaître la disponibilité des mesures réalisées sur le territoire du Parc du Vercors, et d’optimiser la gestion de celles-ci. Son principe est la mise en relation des structures et des données afin de valoriser au mieux les réseaux existants. À terme, il permettra la création de partenariats entre les différents acteurs du territoire et l’installation de nouvelles stations de mesures. L’élargissement de ces observations à la faune et à la flore permettra de connaître les conséquences des variabilités climatiques sur la biodiversité et les écosystèmes : un travail est déjà amorcé avec la LPO 26 et le CBNA (Conservatoire Botanique National Alpin).

Contacts : bertrand.joly[@]pnr-vercors.fr et pierre-eymard.biron[@]pnr-vercors.fr

Extrait du Journal du Parc n° 63 - Juillet 2012

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