Agriculture durable

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Thème - Marque Parc

jeudi 11 août 2011

Franck Laforest, le Don Quichotte du Moulin de la Pipe

Descendre vers ce « grain de beauté niché dans l’échancrure des gorges, là tout au fond du décolleté* [1] », découvrir la large terrasse de la guinguette aux “Fritures de truitelles sauce Gribiche”, pénétrer dans le “café historique” digne de Corto Maltèse, s’installer dans la grande salle du moulin aux plus de 1000 concerts, boire une “Pipe bière de source” ou une “Eau de la Druise” pétillante, être accueilli par une femme ensoleillée et un rayon de Lune de quelques printemps, voir passer toutes sortes de visiteurs… Il est des lieux qui suscitent d’étranges histoires, sont faits de pâte humaine sur plusieurs générations, et demandent des âmes fortes.

Aventures et amitiés, l’invention d’un café-concert

« Je travaillais au café Costes à Paris, j’avais pas mal voyagé, mais quand je suis arrivé ici, je me suis dit : C’est mon coin ». Franck Laforest raconte cette histoire de deux jeunes gens qui, en 1986, reprennent ce lieu du bout du monde à l’orée des gorges d’Omblèze : une auberge réputée 50 ans durant, mais on est en plein exode rural. Première illumination fin 1988, quand la presse parle de « projet de développement touristique authentique » : créer un café-concert. Premier emprunt, achat d’un bar en inox à Milan, d’un superbe comptoir en orme à un bûcheron. Ils deviennent des professionnels de la musique, hissent la réputation du « gratin dauphinois au gratin hexagonal* ». Mais ils ne sont pas cuisiniers. Deuxième idée, deuxième emprunt : investir dans la cuisine pierrade. Le café connaît des nuits d’anthologies – jusqu’à 1700 personnes. Ça marche si bien qu’ils se lancent dans un gros emprunt pour créer un hôtel dans l’ancienne laiterie. Et là, c’est la catastrophe. Malfaçons, arrêt du chantier, gros concerts annulés par la pluie, dettes, dépression. Son ami, Philippe Bourgue, abandonne. Franck, né dans une famille de restaurateurs, fait le gros dos.

Le mariage de la lune et du soleil, naissance d’un hôtel contemporain

Au début des années 2000, Michellemarie, belle polyglotte, devient sa compagne. « Franck a le nez fin. Il a été l’un des premiers en 2004 à s’inscrire dans les “séjours pittoresques” des coffrets cadeaux “Smartbox” : ça a lancé l’hôtel », dit celle qui s’occupe de la gestion, décore les lieux. Avec le nouveau duo, le moulin repart. Ses deux scènes reprennent leur programmation musicale confiée à l’association Coefficient 7. Les amis de 20 ans, leurs enfants réservent des soirées privées. De gros investisements sont réalisés entre 2008 et 2011, et tout d’un coup il y a là un hôtel de 60 lits, aux belles chambres en duplex, aux normes (sécurité, mobilité réduite), utilisant un logiciel de gestion sophistiqué avec réservation internet intégrée. Une cuisine de qualité. Une île employant 15 personnes. « Le moulin bénéficie de la synergie de la vallée de la Gervanne, au croisement de la beauté de la nature du Vercors (site classé, Natura 2000) et de la richesse culturelle de la Drôme » conclut Franck Laforest…

Le moulin de la Pipe

Établissement “Marque Accueil du Parc du Vercors”

26 400 Omblèze

0475764205

www.moulindelapipe.com

mardi 15 avril 2008

Jean-François Murgat

Après avoir pris sa source au Col du Rousset, la Vernaison dévale le Vercors pour rejoindre la Bourne, par Echevis. C’est là que Jean- François Murgat s’est installé. Dans ses dix viviers alimentés par l’eau de la rivière, il élève ses truites avec patience et passion – les fameuses arc-en-ciel plébiscitées par les restaurateurs et poissonniers du Plateau.

« J’ai appris la pisciculture aux côtés de mon père qui a construit ce site en 1960 »

souligne Jean-François, qui assure chez les Murgat, la quatrième génération de pisciculteurs !

Et il y veille : de la reproduction des truites avec les premiers oeufs recueillis sur les géniteurs par massage abdominal, à la fécondation dans la bassine, l’éclosion des jeunes truites dans une écloserie alimentée par une eau de source (plus chaude que la Vernaison afin de permettre un meilleur démarrage des alevins), puis leur transfert au printemps dans les viviers… jusqu’à leur commercialisation : pas une étape n’échappe au pisciculteur, qui assure la production annuelle de 200 000 oeufs d’alevins, soit 45 tonnes de poisson/an.

« L’eau de la Vernaison se prête bien à l’élevage de truites qui nécessite une eau oxygénée donc renouvelée en permanence ».

Jean-François ne joue pas la course contre la montre :

« Il faut un an et demi pour obtenir une truite de taille commerciale, nous avons des eaux froides l’hiver, ce qui ralentit leur croissance, mais nous respectons ce rythme ; un poisson qui grandit trop vite est insipide ! ».

Le respect de la truite permet d’obtenir un produit dont la saveur est unique, ce qui colle bien à la Marque Parc qu’il a obtenue, comme trois autres de ses confrères, en 2001.

« Par notre produit, nous véhiculons l’image du Parc et de son territoire. Et la Marque, par les critères qu’elle a définis, représente pour nous une garantie d’un produit régional ».

Poisson pêché à l’épuisette, nourrit selon l’appétit (pas de ration type), découpe au couteau, respect d’une certaine densité de poissons, inférieur à 45 kg/m3 d’eau…

Pour préserver la qualité, Jean-François a préféré jouer la carte de la diversification. Les voluptueuses Fario ont rejoint les viviers, et le pisciculteur a développé, dans son atelier de fabrication, portions et truites fumées, récompensées cette année au Salon de l’Agriculture, par une Médaille d’or !

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