Les Blogs du Parc du Vercors

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Thème - Energies renouvelables

mardi 23 août 2011

Trop de lumière nuit

L’éclairage nocturne est trop souvent la source de nuisances lumineuses, en raison d’équipements ou d’utilisation inadaptés aux besoins actuels. Le parc naturel régional du Vercors s’engage pour que cette prise de conscience soit celle des élus et aménageurs, mais aussi celle des habitants et usagers de son territoire.

L’éclairage public, l’illumination de sites et monuments, l’éclairage commercial sont autant de sources de nuisances lumineuses à traiter dans leurs aspects économies d’énergie et environnementaux. De nombreuses études ont démontré que l’excès de lumière avait un effet perturbateur sur la faune, la flore, ainsi que sur notre santé”, souligne Serge Charruau, chargé de mission énergie au Parc. Pour sensibiliser le plus grand nombre à la question, le parc naturel régional du Vercors va proposer aux élus du territoire une série de rencontres et de visites dans des communes déjà engagées dans cette réflexion : à travers des modes de gestion raisonnés, de nouveaux équipements, ou une animation importante en direction des habitants.

Certaines communes du Parc, comme Miribel-Lanchâtre, Saint-Julien-en-Quint, Izeron, Saint-Laurent-en-Royans, procèdent à des extinctions partielles ou totales de l’éclairage public, généralement de minuit à 5 heures du matin. “Des programmateurs permettent d’éteindre de façon automatique, avec la possibilité de s’adapter aux besoins ponctuels : en période hivernale, quand le personnel communal passe le chasse-neige, l’éclairage commence plus tôt. C’est un choix environnemental et économique. La nuit, on n’éclaire plus personne, car les gens arrivent en voiture et entrent directement chez eux, par contre cela perturbe le cycle de vie des animaux. Nous économisons ainsi 2 500 € par an sur la facture d’électricité de la commune”, affirme Luc Puissat, maire de Miribel-Lanchâtre.

Sensibilisation des habitants

Autre commune très sensibilisée à la question : Saint-Laurent-en- Royans, qui est en train de modifier progressivement son éclairage public. Dans les nouveaux lotissements, la nuit règne de minuit à 5 heures du matin, et les autres quartiers suivront petit à petit. “C’est bien perçu par la population, car nous prévenons les habitants des lotissements concernés. De toute façon, la plupart des gens dorment à cette heure-là”, souligne Françoise Charras, adjointe à la mairie de Saint-Laurent-en-Royans. Et dans la zone artisanale, il n’y a carrément aucun lampadaire ! “Nous voulons éviter le gaspillage de l’argent public, et la perturbation de la faune et de la flore. On voudrait que ça fasse boule de neige sur les communes environnantes”. L’action du Parc — accompagné d’associations et structures partenaires déjà engagées dans cette démarche (CPIE, Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature) Espaces info-énergie... — consistera aussi à promouvoir cette action auprès des habitants. Pour cela, il va s’appuyer sur l’événement national « Le Jour de la nuit » déjà développé sur plusieurs communes du territoire comme Claix, Fontaine, St Laurent en Royans. En 2012, le Parc souhaite aussi renouveler l’opération « Ode à la nuit ». Cette manifestation culturelle à l’initiative du CPIE, se décline sous forme de spectacles, d’ateliers d’écriture, de conférences, et de la diffusion de films comme Les Pêcheurs d’énergie. “Nous souhaitons réhabiliter la nuit, en soulignant aussi son aspect poétique, sans culpabiliser les gens”, précise Noëllie Ortega, chargée de l’événementiel au CPIE (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement).

vendredi 19 octobre 2012

Le recyclage gagnant

Pierre Lallier et Dominique Duvillard-Charvaix - Chantal Baud

Trois ans déjà que la recyclerie de Villard-de-Lans a ouvert ses portes. Chacun y apporte ce dont il veut se débarrasser sans pour autant vouloir jeter, histoire de donner une seconde vie aux meubles, livres, jouets et objets divers.

À l’origine de ce concept résolument DD (entendez développement durable), Dominique Duvillard-Charvaix, épaulée dès la première heure par son collègue élu, Pierre Lallier. Dominique s’est installée sur le plateau en 1987 pour y exercer le métier de directrice de l’école maternelle de Villard pendant plus de 21 ans. D’un tempérament actif et positif, elle a toujours consacré beaucoup d’énergie au bénévolat. En 2008, après une carrière menée avec passion, Dominique prend sa retraite et s’engage immédiatement au sein du conseil municipal pour se dédier aux affaires sociales. L’année suivante, c’est lors d’une réunion du Comité d’Action Sociale qu’elle présenta l’idée de la recyclerie. En ayant fait le constat du gaspillage à outrance, de l’accumulation d’objets potentiellement recyclables à la déchetterie et consciente des difficultés sociales rencontrées par certaines personnes, l’action lui vint comme une évidence. Pierre Lallier lui emboîta le pas. Ces deux volontés en marche, la recyclerie ouvrit ses portes quelques mois seulement après sa première évocation.

Une caverne d'Ali Baba solidaire - Pierre LallierL’idée a immédiatement séduit les habitants du plateau. Ouverte le samedi matin uniquement à son lancement, la recyclerie l’est maintenant deux fois par semaine (avec le mercredi). Les uns apportent le fruit de leur rangement saisonnier, les autres viennent tout simplement glaner ou dénicher l’objet qui leur sera précisément utile. La “ressourcerie”, comme l’on aime aussi à la nommer, est devenue un véritable lieu de rencontre et de brassage social. L’équipe en fait le constat à chaque ouverture. Tout le monde y vient, sans distinction. Et celles et ceux qui sont en situation plus précaire s’y sentent intégrés. Les prix fixés sont délibérément bas (hormis les livres et les DVD gratuits). 10 € maximum et quel que soit l’objet ! Outre les frais de fonctionnement usuels, dont ceux occasionnés pour les nécessaires remises en état, le fruit de la vente est entièrement dédié au Comité d’Action Sociale de Villard-de-Lans, sous condition sine qua non de maintenir son budget initial. En 2011, ce sont pas moins de 15 000 € qui ont ainsi été reversés.

Pari intelligent et pari gagnant donc pour toute l’équipe, dont la quinzaine de bénévoles œuvre chaque jour pour cette belle aventure colorée d’humanité.

Contact : sur place ou tosca38@hotmail.fr dominique.duvillard-charvaix@villard-de-lans.fr

Extrait du Journal du Parc n°63 - Juillet 2012

mardi 16 octobre 2012

La mobilité en Royans

Diagnostic en 2009

Des enquêtes de proximité et des études ont révélé que les problèmes de mobilité dans le Royans étaient le souci premier des habitants, en particulier des populations précaires, des jeunes et des personnes âgées. Ces habitants ont souligné qu’il était difficile de se déplacer sur le canton et hors du canton, par manque de transports publics, manque de véhicule, ou de permis de conduire. S’ensuivent de grosses problématiques d’isolement, de chômage, de manque de socialisation.

Création du collectif “Bouge tranquille” en 2010

Un collectif regroupant habitants, associations et élus du canton a été créé. Suite à ses réflexions et travaux, il est apparu que la création d’un ou plusieurs moyens de déplacements alternatifs serait une réponse efficace pour un grand nombre d’habitants. Le choix du groupe s’est orienté vers le covoiturage et la voiture à plusieurs, système de stop organisé.

Les actions en 2012 et à venir

Suite aux travaux du groupe, des points stop provisoires ont été installés en 2011 dans toutes les communes du territoire. Le collectif travaille en étroite collaboration avec la CCPR afin de pérenniser les points stop et de développer le covoiturage. Le Conseil général de la Drôme a ainsi choisi le Royans comme un des trois territoires pilotes pour tester son schéma départemental de déplacements. Des aires de covoiturage devraient donc voir le jour d’ici fin 2012, début 2013, de même qu’un site internet, avec la participation active du collectif “Bouge tranquille.”

Contacts : bougetranquilleroyans[@]gmail.com

Extrait du Journal du Parc n°63 - Juillet 2012

jeudi 27 février 2014

McPhy, concentrés d’énergies renouvelables

Créée en 2008, la société installée dans le Royans a inventé le stockage solide de l’hydrogène. De sacrées perspectives pour les énergies renouvelables.
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Sur Terre, l’énergie solaire ou éolienne abonde. Le problème est de la stocker pour la restituer selon les besoins. Voilà ce qui a motivé des recherches de McPhy Energy. La société, installée à La Motte-Fangas, dans le Royans, multiplie les projets innovants. En 2012, est inauguré en Corse le projet HyCube, une première mondiale : à partir d’une ferme photovoltaïque disposant d’une chaîne de stockage d’hydrogène, une centrale alimente 200 foyers. L’invention intéresse les fermes d’Abu Dhabi.

Des véhicules à hydrogène, considérés comme l’avenir du transport routier, sont testés sur une « autoroute à hydrogène » qui relie la Scandinavie à l’écosse via l’Allemagne. Des voitures sont alimentées par des piles à combustible fonctionnant à hydrogène : une pile d’un kilo permet de stocker l’énergie nécessaire pour parcourir une centaine de kilomètres. Dans le Royans, on appelle « engivanage » ce talent qui mêle savoirfaire, idée nouvelle et astuce dans la réalisation. Michel Jehan, ingénieur métallurgiste distingué par le prix spécial du jury Chéreau-Lavet de l’ingénieur inventeur, est passé du Pas-de-Calais sidérurgique aux ferro-alliages savoyards, puis à Romans où il crée sa première société Créée en 2008, la société installée dans le Royans a inventé le stockage solide de l’hydrogène. De sacrées perspectives pour les énergies renouvelables. qui fabrique jusqu’à 400 tonnes mensuelles de poudres de magnésium.

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En 2005, l’entreprise est en faillite mais l’homme rebondit. Il a 60 ans. Son ami Daniel Fruchart, directeur de recherche au CNRS (Institut Néel à Grenoble), a démontré les qualités du magnésium pour le stockage de l’hydrogène ; ensemble, ils passent au stade industriel. McPhy Energy est créée en 2008. Michel Jehan y amène son équipe romanaise, recrute de jeunes ingénieurs. Des investisseurs apportent 13 millions d’euros en 2009-2010, adossés à des aides européennes pour la mise au point des procédés ; en 2011, l’entreprise est nominée au top 100 mondial des entreprises éco-innovantes. McPhy Energy emploie désormais 55 salariés et a débuté cette année la production industrielle des réservoirs d’hydrogène.

Produit par électrolyse de l’eau, l’hydrogène est stocké dans les galettes de magnésium pour devenir des piles à combustible performantes. Un seul tube de McPhy empile 100 galettes et stocke 4 à 5 kg d’H2 à basse pression, sous un faible volume et, surtout, sans danger (1kg d’H2 fournit 33 kwh). Ces réservoirs pourraient assurer, (quand le prix de rachat EDF aura baissé), une autonomie énergétique à partir du solaire ou de l’éolien.

« Une expérience va débuter en Isère, avec la microcentrale hydroélectrique de Pont-de-Beauvoisin, pour produire de l’hydrogène la nuit, aux heures où le tarif EDF chute. » Pascal Mauberger, président du directoire, poursuit : « Nous avons installé, avec le support d’Oseo, sur notre site de La Motte Fanjas, un système de générateur-stockage pour alimenter nos propres besoins, faisant ainsi la démonstration de nos produits pour les industriels. » McPhy, nouvelle étoile du Vercors à sa manière…

Simple comme une pastille

McPhy Energy a réussi à compacter des pastilles de poudre de magnésium qui absorbent l’hydrogène comme des éponges, ce qui a pour effet de produire de la chaleur. Ces galettes de 30 cm de diamètre sont empilées dans un tube entouré d’un alliage breveté, qui a la propriété de stocker la chaleur produite. Pour récupérer l’hydrogène stocké, il suffit d’ouvrir le réservoir et de faire baisser la pression, ce qui refroidit le tout. Cet alliage a été baptisé « Métal à changement de phase », soit MCP Hy… d’où McPhy !

Catherine Flament

vendredi 19 octobre 2012

On part à Die ... à bicyclette !

Tandis que le Vélo à Assistance Électrique (VAE) se développe en milieu urbain, il débarque aussi cet été dans le Diois, à la fois pour les touristes et pour les habitants, grâce à David Caqueret, créateur de la société À Bicyclette, à Die.

“Le vélo, mode de déplacement doux et non polluant, permet un contact direct avec la nature. Mais un relief trop accidenté dissuade les personnes peu sportives. Les Vélos à Assistance Électrique (VAE) rendent l’activité plus accessible en diminuant l’effort physique nécessaire. On a l’impression de pédaler sur du plat, même quand on est dans une côte raide ! Je souhaite développer cette activité en adéquation avec l’état d’esprit du Diois, où l’on respecte l’environnement dans lequel on vit”, expose David Caqueret.

David CaqueretOuverte le 1er juin, sa boutique, située dans le centre de Die, propose des VAE à deux types de clients : pour les touristes, une location à la journée ou la demi-journée, et pour les habitants, une formule à la semaine ou au mois. Des remorques, des sièges pour enfant et des pousseurs - c’est-à-dire des vélos pour enfant accrochés par une barre à celui des parents - sont fournis gratuitement. Le volet tourisme comporte des road books sur des circuits d’une quarantaine de kilomètres, ponctués de sites remarquables, d’activités à découvrir, et de producteurs ou artisans à rencontrer. Une façon originale de découvrir le Diois sans transpirer !

Pour les habitants, David Caqueret a concocté des tarifs très avantageux grâce à une aide de la Communauté de Communes : 15 € la semaine et 50 € le mois. “L’équivalent d’un plein d’essence. Mon but, c’est de faire changer les mentalités. Le VAE permet d’aller travailler sans voiture, et de décompresser au retour, ou bien de se rendre au marché de Die sans galérer pour se garer. Comme on pédale en silence, on voit souvent des animaux, qui ne nous entendent pas arriver.” Et David Caqueret, qui n’a pas le nez dans le guidon, a déjà d’autres projets en tête, comme des circuits de découverte du Vercors en VAE sur deux ou trois jours, avec arrivée et départ à la gare de Die. À suivre donc... à bicyclette !

A bicyclette, 18 rue de l’Armellerie 26150 Die

Tél : 04 75 21 08 51 ou 06 42 00 23 73

http://www.a-bicyclette.com

Un VAE, c’est quoi ? C’est un vélo doté d’une batterie au lithium et d’un petit moteur. Dès qu’on pédale, le moteur se met en marche et accélère l’allure. Comme si un autre cycliste, assis sur un tandem imaginaire, pédalait derrière vous pour vous soulager ! La batterie possède de 40 à 60 kilomètres e montagne. Considérés comme des bicyclettes, ces vélos peuvent être utilisés sur les pistes, les bandes cyclables et les voies vertes. Ils ne sont pas soumis à une assurance spécifique ni à une obligation de port du casque. Les vingt-cinq vélos de David Caqueret sont de fabrication alle- mande, haut de gamme et très fiables. Ils possèdent huit vitesses et sont typés ville, avec une position assise assez droite. David Caqueret

Extrait du Journal du Parc n°63 - Juillet 2012

jeudi 3 mai 2012

2012.B 31 - Exploration et exploitation du gaz de schiste sur le territoire du Vercors

Le Parc du Vercors est concerné pour partie de son territoire (zones Ouest et Nord ouest ) par les permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux (dit gaz de schiste) des secteurs de Valence et de Monfalcon.

Ces permis figurant à l’annexe 3 du rapport du CGIET et CGEDD d’avril 2011 sont accordés aux sociétés 3LEGS OIL& PLC d’une part et BNK France SAS d’autre part .

Face à cette situation qui pourrait du jour au lendemain voir des opérations d’exploration à titre de recherche se mettre en œuvre, le Parc naturel régional du Vercors tient à marquer sa désapprobation pour les raisons suivantes :

  • Les modes d’exploration, faisant appel à la fracturation hydraulique, sont une grave atteinte à l’environnement. L’exploitation d’hydrocarbures de roche-mères fait appel à un procédé basé sur l’ injection de produits chimiques, de sable et d’eau en quantité considérable modifiant l’équilibre du sous sol et polluant les nappes phréatiques. Ce mode d’exploration pose aussi la question des eaux d’extraction chargées en produits chimiques et pour lesquelles aucun procédé de traitement n’est fiable à ce jour. L’expérience nord américaine témoigne des conséquences catastrophiques et incontrôlées qui affectent les secteurs d’exploitation.
  • Les systèmes employés affecteront la qualité de nos paysages, la gestion quantitative et qualitative de la ressource en eau et pourraient nuire à l’image du territoire
  • Le choix d’une exploration des ressources fossiles vont à l’encontre des stratégies locales de développement d’énergies renouvelables locales et de contribution à la lutte contre le changement climatique.
  • Les principes d’autorisation d’exploration et d’exploitation minières n’ont fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les acteurs des territoires et des populations concernés. En conséquence et en s’appuyant sur les articles L 210-1, L211-1, L211- 2 et L211- 3 du Code de l’environnement ainsi que sur les articles 1er, 5, 6 et 7 de la Charte constitutionnelle de l’environnement de 2004, d’une part et d’autre part l’article L 333.1 du Code de l’environnement relatif aux Parcs naturels régionaux,

Le Bureau, après en avoir délibéré, à la majorité (moins une abstention) décide :

  • d’APPROUVER que le Parc du Vercors demande que l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures de roches mère soient interdites sur son territoire et que les autorisations existantes sur le périmètre du Parc soient annulées.

mardi 21 septembre 2010

Le Vercors ausculté

Les audits énergétiques sont financés par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et la Région Rhône- Alpes, dans le cadre du programme “Énergie et Territoire” élaboré et mis en oeuvre par le Parc du Vercors.

Un outil de diagnostic

“Ces audits constituent un outil de diagnostic du bâti et du patrimoine communal, un bilan de la consommation énergétique… Cela permet de sensibiliser les élus. Ils sont réalisés sur presque toutes les communes, même les plus petites et cela correspond à une nécessité de mieux gérer l’énergie à travers des équipements mieux adaptés”

détaille Serge Charruau, chargé de mission énergie au Parc du Vercors.

Démarrés en 2007, les audits s’achèvent cette année.

Le Parc a fait appel à des bureaux d’études spécialisés pour effectuer ces études, notamment Alnaïr Environnement. Jean Leroy, gérant de cette structure, nous présente son travail :

“L’originalité, c’est que nous sommes intervenus même dans les toutes petites communes, qui n’auraient pas fait d’études sans le soutien du Parc. Notre mission est pédagogique, nous expliquons aux élus leurs possibilités d’action dans le domaine énergétique. Cela leur permet aussi de prioriser les enjeux : par exemple, avant de penser à changer de mode de chauffage, commencer par isoler…”.

Des préconisations concrètes

Ces audits aboutissent donc à des préconisations concrètes, en matière de chauffage ou d’éclairage par exemple, ou d’utilisation d’énergies renouvelables. Certaines de ces préconisations supposent de gros investissements, tandis que d’autres relèvent d’une meilleure gestion de l’existant. Ainsi, les audits posent la question de l’utilité de l’éclairage public toute la nuit, ou bien recommandent de ne pas chauffer le week-end un équipement utilisé en semaine…

“J’ai toujours eu un accueil positif, dans toutes les communes. On sent un fort intérêt pour les conclusions de l’audit, avec souvent une demande d’accompagnement pour la suite”, relate Jean Leroy.

Parmi les préconisations des audits figure la possibilité de créer des chaufferies au bois, avec un système d’approvisionnement local à mettre en place. Car l’une des grandes innovations de ces audits est de raisonner à l’échelle du territoire, et non des communes, pour mutualiser les actions.

Cet accompagnement est prévu par le Parc du Vercors, qui travaille en partenariat avec les Espaces info énergie de l’Isère et de la Drôme, et avec le SDED (Syndicat départemental d’énergies de la Drôme). “Le Parc apporte une plus-value par des conseils techniques et des projets d’amélioration sur le plan de la gestion énergétique du territoire. Cette action découle de la charte du Parc et fait partie du programme Énergie et Territoire avec des actions de sensibilisation et d’information, précise Michèle Eybalin, vice-présidente du Parc en charge des énergies.

À suivre, donc.

Contact : Serge Charruau


Un jeu pédagogique sur l’énergie

Le CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement) a créé en 2009, à la demande du Parc, un jeu pédagogique intitulé “Les énergies dans le Parc naturel régional du Vercors”. Le but est de sensibiliser les enfants, puisqu’il est distribué dans la plupart des écoles du Parc et dans certains centres de vacances et de loisirs.

Il fonctionne comme un jeu de l’oie. Les joueurs doivent se déplacer sur une carte qui représente le Vercors, et ces déplacements produisent ou consomment de l’énergie, selon les cases. Les enfants se rendent ainsi compte que l’on utilise de l’énergie pour se chauffer, manger… et que cela produit des déchets, des gaz à effet de serre. Ils voient qu’en utilisant des énergies renouvelables, le bilan est plus positif. “C’est un jeu collaboratif : il n’y a pas de gagnant ni de perdant. Il développe la solidarité entre joueurs, en trouvant des solutions pour la planète”, précise Clémence Aubert, chargée d’études au CPIE Vercors.

CPIE : 04 76 94 30 40.


Jean-Pierre Lyard

Conseiller municipal de Choranche et vice-président de la CCBI (Communauté de communes de la Bourne à l’Isère), en charge de l’environnement.

À Choranche, nous pouvons réaliser 2 000 à 3 000 € d’économies d’énergie sur l’éclairage public et la consommation électrique. Nous allons vérifier que les panneaux solaires du camping se déclenchent au bon moment, car s’ils ne fonctionnent pas, c’est l’électricité du réseau qui prend le relais. Grâce à l’audit, on garde la question énergétique à l’esprit quand on change un équipement.

Au niveau de la CCBI Le plan d’approvisionnement du Vercors en bois-énergie rassure tous les élus. En effet, nous allons sans doute investir des sommes importantes pour construire une chaufferie bois, et on doit pouvoir compter sur un approvisionnement en bois à long terme, faisant appel à la ressource locale.)