Les Blogs du Parc du Vercors

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mardi 15 avril 2008

Valorisation des ressources locales : La villarde

Elle est blonde, robuste et docile. Elle produit du lait particulièrement bien adapté à la fabrication des fromages à pâte molle ou persillés comme le bleu du Vercors-Sassenage.

Elle fait aussi de la viande, et en plus elle sait travailler dans des conditions difficiles… C’est, c’est ?

La villarde-de-Lans, bien sûr ! De son petit nom la villarde, l’une des espèces les plus anciennes du Vercors. Si cette vache est toujours parmi nous, nous le devons au programme de conservation de l’Institut de l’élevage lancé en 1976 et à quelques éleveurs passionnés.

On compte aujourd’hui une douzaine d’éleveurs de villardes dans le Vercors, le plus gros troupeau (35 bêtes) étant celui de Bernard Idelon et Catherine Duboucher, laquelle n’est pas par hasard présidente de l’Association pour la relance et la réhabilitation de la race bovine villarde-de-Lans. L’association de Catherine Duboucher milite aujourd’hui pour qualifier sa production, pour inscrire la villarde dans le cahier des charges de la Marque Parc, tout en continuant à la faire connaître et apprécier.

Rencontre avec la Dame Blanche

Installée à Châtelus, Angélique Doucet élève des chèvres, fabrique du fromage et reçoit du public dans sa ferme. Se positionnant en harmonie avec l’environnement dans toutes ses activités, elle bénéficie naturellement de la Marque Parc.

Angélique Doucet, la bien nommée, dégage une sérénité et une douce joie de vivre contagieuses. Mais elle possède également en elle une énergie et une résistance physique hors du commun. Et de l’énergie, il en fallait pour quitter un poste d’adjointe de direction dans l’agglomération grenobloise, et pour venir, avec sa famille, s’installer à Châtelus, tout petit village du Royans, en 1998.

« Je savais que je n’étais pas faite pour travailler en ville, mais pour le monde rural ».

Sacré virage dans son parcours professionnel !

La voilà qui retape avec son mari une vieille ferme à l’abandon, et obtient un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole à 31 ans. En 2002, elle choisit plusieurs activités : principalement l’élevage caprin (35 chèvres) et la fabrication de fromages, mais aussi l’apiculture, l’élevage de quelques lapins, volailles et cochons, et la culture des noyers.

« Je pense que la diversification est l’avenir des exploitations de petite taille, ainsi que la vente directe. Je profite de la diversité de ce qui m’entoure : ainsi, le petit lait, non utilisé pour les fromages, sert d’alimentation aux cochons. Ma richesse tient à la taille humaine de mon exploitation.

J’aime aussi beaucoup recevoir du monde et partager mes connaissances du milieu : je fais partie du réseau d’accueil “Chambres et tables paysannes”, et je développe les activités “ferme découverte” et “ferme pédagogique”. »

Elle bénéficie de la Marque Parc, depuis 2003 pour son activité d’accueil, et depuis 2005 pour ses fromages.

« Cela représente une reconnaissance de mon travail, et du fait que je préserve et entretiens l’environnement. Le réseau de la Marque Parc permet de fédérer les énergies de personnes disséminées dans le Vercors. Nous pouvons échanger nos expériences, et envisager des actions communes, en matière de commercialisation par exemple ».

Pour aller plus loin dans cette démarche, Angélique est engagée dans une conversion en agriculture bio, avec une labellisation à l’horizon 2009 :

« Je veux montrer qu’une autre agriculture est possible, et rentable. Je propose des produits sains, qui ont de très bonnes qualités gustatives, et qui évitent l’uniformisation des goûts ».

Espérons que l’enthousiasme d’Angélique fera des émules…

mardi 15 avril 2008

Jean-François Murgat

Après avoir pris sa source au Col du Rousset, la Vernaison dévale le Vercors pour rejoindre la Bourne, par Echevis. C’est là que Jean- François Murgat s’est installé. Dans ses dix viviers alimentés par l’eau de la rivière, il élève ses truites avec patience et passion – les fameuses arc-en-ciel plébiscitées par les restaurateurs et poissonniers du Plateau.

« J’ai appris la pisciculture aux côtés de mon père qui a construit ce site en 1960 »

souligne Jean-François, qui assure chez les Murgat, la quatrième génération de pisciculteurs !

Et il y veille : de la reproduction des truites avec les premiers oeufs recueillis sur les géniteurs par massage abdominal, à la fécondation dans la bassine, l’éclosion des jeunes truites dans une écloserie alimentée par une eau de source (plus chaude que la Vernaison afin de permettre un meilleur démarrage des alevins), puis leur transfert au printemps dans les viviers… jusqu’à leur commercialisation : pas une étape n’échappe au pisciculteur, qui assure la production annuelle de 200 000 oeufs d’alevins, soit 45 tonnes de poisson/an.

« L’eau de la Vernaison se prête bien à l’élevage de truites qui nécessite une eau oxygénée donc renouvelée en permanence ».

Jean-François ne joue pas la course contre la montre :

« Il faut un an et demi pour obtenir une truite de taille commerciale, nous avons des eaux froides l’hiver, ce qui ralentit leur croissance, mais nous respectons ce rythme ; un poisson qui grandit trop vite est insipide ! ».

Le respect de la truite permet d’obtenir un produit dont la saveur est unique, ce qui colle bien à la Marque Parc qu’il a obtenue, comme trois autres de ses confrères, en 2001.

« Par notre produit, nous véhiculons l’image du Parc et de son territoire. Et la Marque, par les critères qu’elle a définis, représente pour nous une garantie d’un produit régional ».

Poisson pêché à l’épuisette, nourrit selon l’appétit (pas de ration type), découpe au couteau, respect d’une certaine densité de poissons, inférieur à 45 kg/m3 d’eau…

Pour préserver la qualité, Jean-François a préféré jouer la carte de la diversification. Les voluptueuses Fario ont rejoint les viviers, et le pisciculteur a développé, dans son atelier de fabrication, portions et truites fumées, récompensées cette année au Salon de l’Agriculture, par une Médaille d’or !

Alain Ferrand - Un gage de qualité avant tout

Chez Alain Ferrand, les belles cotes de boeuf n’attendent pas. En été, quand la marchandise est prise d’assaut par les connaisseurs, le boucher de La Chapelle-en-Vercors n’a pourtant pas besoin de déployer de grands arguments pour orienter ses clients vers d’autres morceaux :

« Ils connaissent les produits, le nom de l’éleveur et sont sensibilisés au fait que je travaille à 95 % de la viande bovine Marque Parc » explique-t-il. Sur dix-huit ans d’activité, Alain Ferrand en arbore quinze avec l’étiquette « Marque Parc ». Il a été parmi les pionniers à adopter cette démarche.

À l’origine : René Bourguignon et Bernard Blanc, deux agriculteurs et éleveurs du plateau venus lui proposer d’intégrer le « label ». « Leur idée était de développer les petites filières, en vendant aux bouchers plutôt qu’aux grossistes » rappelle Alain Ferrand. Une belle rencontre ! Celui qui transporte et abat lui même ses bêtes, a participé au redémarrage de l’abattoir du Diois (reconnu par la certification européenne) et privilégie le local, la démarche Marque Parc était… une évidence !

« Les bêtes à viande sont élevées, tuées et travaillées sur le plateau : c’est la filière la plus simple qui soit, un gage de respect du client ».

Malgré une charte ambitieuse, assurant la traçabilité de la bête — depuis sa date de naissance jusqu’à son arrivée en boucherie, incluant sa finition d’engraissement —, Alain Ferrand et d’autres bouchers et éleveurs détenteurs de la Marque Parc Viande Bovine ont souhaité aller plus loin : « Nous avons intégré un nouveau critère : désormais, seules les bêtes nées sur le plateau font partie de la Marque Parc » prévient le boucher. Un projet ? « Nous aimerions intégrer le veau et à ce titre, associer de nouveaux agriculteurs ».

Valorisation des ressources locales : La poule du Vercors

Elle est de couleur grise et présente sur le territoire du Vercors dès le début du XXe siècle. Elle comporte des qualités indéniables telles que rusticité et goût prononcé.

C’est, c’est... ?

La grise du Vercors… Gagné !

Comme pour la Villarde, elle a son fan club. Plus sérieusement, c’est grâce à la passion d’un groupe d’amateurs puis à leur détermination à inscrire la grise dans une démarche économique sur le terroir du Vercors, que cette race ancienne est entrée en sélection au Centre de Béchanne dans l’Ain depuis mars 2007.

Le projet de l’association Ouantia menée tambour battant par Evelyne Tezier (à lire, son ouvrage, La grise du Vercors) est aujourd’hui le suivant :

trouver des agriculteurs ou futurs agriculteurs intéressés pour diversifier leur production et apporter un revenu complémentaire à leur exploitation avec une production de volailles fermières « grise du Vercors ». Les Poussins issus du centre de sélection béchanne sont d’ailleurs disponibles dès début 2008. Qu’on se le dise...

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