Musée de la préhistoire
Musée de la préhistoire

Un “musée de site”, un musée de “deuxième génération”, et un autre inventant une “troisième voie” : en peu d’années, un étonnant travail de renouveau muséal a eu lieu à Vassieux, concrétisé cet été par une billeterie unique.

« À Vassieux, le tourisme a pris corps grâce à un tourisme de pèlerinage après la guerre, qui s’est renforcé par l’apparition, dès la fin des années 1960, d’un tourisme vert autour des loisirs de pleine nature » explique Pierre-Louis Fillet, directeur du Musée de la Résistance. « Puis, dans le dernier quart du XXe siècle, deux équipements complémentaires, offrant deux regards sur une même histoire, vont concourir à la pérennisation de la mémoire des évènements de 1944 et à la vitalité du tourisme. En 1973, l’ancien maquisard Joseph La Picirella ouvre le Musée de la Résistance, au terme de plusieurs années de recherches historiques personnelles, en hommage aux victimes de 1944. Une vingtaine d’années plus tard, en 1994, dans le contexte des commémorations nationales du 50e anniversaire des combats, le Mémorial de la Résistance est inauguré, géré par le Parc Naturel Régional du Vercors. En 1999, Joseph La Picirella “passe la main” au Conseil général de la Drôme, qui rénove le musée de la Résistance en 2010. »

Mémorial de la résistance
Mémorial de la résistance

Trois musées du temps, au cœur du paysage

Nous sommes dans le nouveau Musée de la Résistance, au cœur de Vassieux. L’extraordinaire collection d’objets des années de guerre (chaise et vaisselle nazie, mannequins, vêtements, armes et jeux, matériels d’aviateurs…) et les (terribles) panneaux réalisés par le fondateur, aux photos inoubliables, projettent le spectateur saisi dans une autre époque. En même temps, et c’est un tour de force, le discours historique restitue les événements de 1944 dans le contexte de la construction du Vercors ; et raconte l’histoire du tourisme et de ces musées – celui-ci qui a été de « première génération » ; le Mémorial, qui appartient à la seconde. Le visiteur, ramené au présent, est maintenant plongé dans la durée. Va-t-il rejoindre l’impressionnant Mémorial, lové face au paysage dans une courbe du col de La Chau, qui universalise les enjeux de cette mémoire et de la résistance ? Ou bien s’enfoncer au fond des bois, au fond des temps ? Remonter 4500 ans vers un atelier de taille de silex découvert intact en 1970 ? Venu abriter en 1978 ce site unique en Europe, classé Monument Historique dès 1983, labellisé Musée de France en 2002, le nouveau Musée de la Préhistoire du Vercors a été agrandi, rénové, largement complété en 2008 par le Parc du Vercors. Lorsque le visiteur repartira, par le col de Proncel ou de La Chau, face à la crête dinausorienne des Hauts-Plateaux, face à ces couches géologiques semblables au feuilletage du temps, peut-être ressentira-t-il alors l’émotion d’un paysagehistoire, brusquement rendu immense par la quatrième dimension.

« Les trois musées ont décidé de favoriser ces découvertes, par une billeterie unique ; nous entamons un travail commun, avec les enfants et dans nos présentations, pour mettre en valeur leurs complémentarités », conclut Pierre-Louis Fillet.