Un module construit par le Parc en partenariat avec l’École nationale supérieure d’architecture de Grenoble (ENSAG) et les Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau.

Une réflexion forte, un projet tenu - André Aubanel, président de la commission forêt du Parc :

“Les bois du Vercors – sapin, épicéa, pin noir et hêtre – sont d’aussi bonne qualité que ceux importés des pays scandinaves. Pour le faire savoir, il faut les qualifier mécaniquement (mesurer leur résistance à la rupture), normaliser leurs qualités au même titre que celles du métal ou du béton, et démontrer quels sont leurs usages. Des bois résistants peuvent avoir une section plus fine, et alors, avec un moindre volume, le bois devient concurrentiel du métal ou du béton pour nombre de structures, avec des qualités esthétiques et d’ambiance supérieures. Pour présenter cela au grand public, nous avons imaginé ce pavillon pour une utilisation ludique.”

Denis Pellissier, technicien forêt au Parc et au CRPF : [1]

“C’est un module de communication qui a été réalisé avec un partenariat de terrain. Les scieries [2] du Vercors ont fourni le bois, le pôle bois du Trièves a assuré le séchage du bois. Des étudiants de Grenoble ont proposé sept projets, la commission en a retenu un, tous les jeunes architectes l’ont construit.”

André Aubanel

“Le projet a évolué sous une cascade de contraintes. Il fallait qu’il démontre qu’il existe des bois solides dans le Vercors avec des essences différentes et des qualités d’assemblages, que ce soit esthétique, que le pavillon soit démontable et transportable, léger ; qu’on puisse, dans et autour du Parc du Vercors, l’utiliser pour toutes sortes de manifestations, pas seulement forestières. Nous avons découvert, avec les architectes [3] et les étudiants, qu’on pouvait aller loin dans le visuel, dans l’esthétique et l’ambiance.”

Une expérience et une découverte collective - Guillaume Daydé, architecte :

“Nous utilisions peu les bois du Vercors en dehors des charpentes. C’est en les manipulant concrètement, que nous avons expérimenté les qualités notamment du sapin (bois rosé, agréable à travailler, olfactif) et du pin noir (dense, lourd, résistant, bien dessiné par ses noeuds). Les contraintes de démontage du pavillon nous ont amené à travailler sur des emboitements originaux, issus des techniques de charpente japonaise (il n’y a aucune vis). Nous avons affiné notre connaissance de la filière bois du Vercors, d’un réseau d’acteurs et de savoir-faire. Et 20 futurs architectes se sont sensibilisés avec enthousiasme à ces bois… Nous espérons que cette impulsion se prolongera dans l’ensemble de la filière.”


[1] CRPF : Centre Régional de la Propriété Forestière.

[2] Scierie Blanc (Marches), Eymard (Veurey-Voroize), Nier (Varces-Allières et Risset) ; Séchoirs de la société de Valorisation des Bois du Trièves (Saint-Michel-les-Portes).

[3] Les architectes mandataires sont l’Espace Gaïa et Philippe Liveneau et les étudiants en Master Architecture et Culture sensible de l’environnement.