Les audits énergétiques sont financés par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et la Région Rhône- Alpes, dans le cadre du programme “Énergie et Territoire” élaboré et mis en oeuvre par le Parc du Vercors.

Un outil de diagnostic

“Ces audits constituent un outil de diagnostic du bâti et du patrimoine communal, un bilan de la consommation énergétique… Cela permet de sensibiliser les élus. Ils sont réalisés sur presque toutes les communes, même les plus petites et cela correspond à une nécessité de mieux gérer l’énergie à travers des équipements mieux adaptés”

détaille Serge Charruau, chargé de mission énergie au Parc du Vercors.

Démarrés en 2007, les audits s’achèvent cette année.

Le Parc a fait appel à des bureaux d’études spécialisés pour effectuer ces études, notamment Alnaïr Environnement. Jean Leroy, gérant de cette structure, nous présente son travail :

“L’originalité, c’est que nous sommes intervenus même dans les toutes petites communes, qui n’auraient pas fait d’études sans le soutien du Parc. Notre mission est pédagogique, nous expliquons aux élus leurs possibilités d’action dans le domaine énergétique. Cela leur permet aussi de prioriser les enjeux : par exemple, avant de penser à changer de mode de chauffage, commencer par isoler…”.

Des préconisations concrètes

Ces audits aboutissent donc à des préconisations concrètes, en matière de chauffage ou d’éclairage par exemple, ou d’utilisation d’énergies renouvelables. Certaines de ces préconisations supposent de gros investissements, tandis que d’autres relèvent d’une meilleure gestion de l’existant. Ainsi, les audits posent la question de l’utilité de l’éclairage public toute la nuit, ou bien recommandent de ne pas chauffer le week-end un équipement utilisé en semaine…

“J’ai toujours eu un accueil positif, dans toutes les communes. On sent un fort intérêt pour les conclusions de l’audit, avec souvent une demande d’accompagnement pour la suite”, relate Jean Leroy.

Parmi les préconisations des audits figure la possibilité de créer des chaufferies au bois, avec un système d’approvisionnement local à mettre en place. Car l’une des grandes innovations de ces audits est de raisonner à l’échelle du territoire, et non des communes, pour mutualiser les actions.

Cet accompagnement est prévu par le Parc du Vercors, qui travaille en partenariat avec les Espaces info énergie de l’Isère et de la Drôme, et avec le SDED (Syndicat départemental d’énergies de la Drôme). “Le Parc apporte une plus-value par des conseils techniques et des projets d’amélioration sur le plan de la gestion énergétique du territoire. Cette action découle de la charte du Parc et fait partie du programme Énergie et Territoire avec des actions de sensibilisation et d’information, précise Michèle Eybalin, vice-présidente du Parc en charge des énergies.

À suivre, donc.

Contact : Serge Charruau


Un jeu pédagogique sur l’énergie

Le CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement) a créé en 2009, à la demande du Parc, un jeu pédagogique intitulé “Les énergies dans le Parc naturel régional du Vercors”. Le but est de sensibiliser les enfants, puisqu’il est distribué dans la plupart des écoles du Parc et dans certains centres de vacances et de loisirs.

Il fonctionne comme un jeu de l’oie. Les joueurs doivent se déplacer sur une carte qui représente le Vercors, et ces déplacements produisent ou consomment de l’énergie, selon les cases. Les enfants se rendent ainsi compte que l’on utilise de l’énergie pour se chauffer, manger… et que cela produit des déchets, des gaz à effet de serre. Ils voient qu’en utilisant des énergies renouvelables, le bilan est plus positif. “C’est un jeu collaboratif : il n’y a pas de gagnant ni de perdant. Il développe la solidarité entre joueurs, en trouvant des solutions pour la planète”, précise Clémence Aubert, chargée d’études au CPIE Vercors.

CPIE : 04 76 94 30 40.


Jean-Pierre Lyard

Conseiller municipal de Choranche et vice-président de la CCBI (Communauté de communes de la Bourne à l’Isère), en charge de l’environnement.

À Choranche, nous pouvons réaliser 2 000 à 3 000 € d’économies d’énergie sur l’éclairage public et la consommation électrique. Nous allons vérifier que les panneaux solaires du camping se déclenchent au bon moment, car s’ils ne fonctionnent pas, c’est l’électricité du réseau qui prend le relais. Grâce à l’audit, on garde la question énergétique à l’esprit quand on change un équipement.

Au niveau de la CCBI Le plan d’approvisionnement du Vercors en bois-énergie rassure tous les élus. En effet, nous allons sans doute investir des sommes importantes pour construire une chaufferie bois, et on doit pouvoir compter sur un approvisionnement en bois à long terme, faisant appel à la ressource locale.)