Une montagnarde d’adoption.

Saint-Andéol en Trièves et en Vercors… à 40 km de Grenoble, au sortir de l’autoroute, il est une route buissonnière qui grimpe à l’assaut du balcon Est, jusqu’à un minuscule village aux beaux toits du Trièves. En bordure de la Réserve des Hauts-Plateaux. Centvingt âmes. Une mairie de montagne de la taille d’une cabane de berger. Un paysage qui vous souffle. Solange Saulnier en est devenu le maire en 2008.

Maire, un travail à part entière

Attachée de presse de la troupe de théâtre de Papagalli, grenobloise, femme de médecin, aujourd’hui montagnarde et maire à plein temps : la vie a des détours dignes de ceux des sentiers alpins. Solange Saulnier tombe amoureuse de Saint-Andéol il y a une vingtaine d’années, s’y installe progressivement : « un tel paysage, cet espace, ce calme, le silence, la nature »… Cependant le village est en difficulté, endetté, au sortir d’une procédure de mandatement d’office, traumatisé. On ne se bouscule pas pour en devenir le maire. Solange Saulnier, elle-même en deuil, choisit de relever le défi. Miracle d’une double résilience ? Sans argent, madame le Maire se bat pour obtenir les taux maximum de subvention, pour soutenir la diversification de son centre de vacances, y accueillir les handicapés, pour améliorer le cadre du village : « Il faut que la commune avance, malgré des moyens limités ». « Sans aucun emprunt, le patrimoine communal s’est enrichi. » Et, pour mener une politique de développement touristique autrement qu’avec de lourds investissements, la commune choisit de valoriser son site et sa biodiversité.

Faire partie du Parc, c’est un label de qualité

Saint-Andéol possède une large partie de son territoire situé dans la Réserve. Lorsque en 2002 s’ouvre l’enquête du Parc pour y créer une zone Natura 2000, la commune demande son extension à tout son territoire (hors zones constructibles). Ce grand réseau écologique européen vise à préserver les habitats de la faune et de la flore. La signature aujourd’hui d’une « Charte Natura 2000 » constitue une reconnaissance de la qualité de la biodiversité de la commune. Cela va lui permettre, avec l’aide du Parc, de poursuivre des pratiques respectueuses des habitats naturels, et cela va autoriser la valorisation touristique d’un patrimoine naturel exceptionnel.