Communication

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mardi 23 août 2011

Jacques Villard

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est au service de sa commune de Saint-Laurent-en-Royans depuis quinze ans, et dans son deuxième mandat de maire. Cependant l’homme, solide, souriant, précis, reste d’une discrétion exemplaire quand à sa propre personne. Educateur de métier, très attaché aux valeurs civiques, il a accepté d’être « le représentant d’une équipe où il y a des gens efficaces, avec des compétences, et un projet commun ».

Un maire-animateur, une équipe

Saint-Laurent a été longtemps un bourg industrieux, qui aujourd’hui grandit (1 300 habitants) et se donne les moyens de choisir son développement. Tous les vendredis, l’équipe municipale se réunit pour faire le point des projets, communaux et intercommunaux. Le centre du village se pare d’une peau neuve avec une mairie agrandie et ouverte aux associations, le réaménagement en cours de la place, des liaisons piétonnes. L’attention à l’humain reste au coeur de l’action municipale avec le développement de services à la population et l’accompagnement de sa vie culturelle et associative.

Un long compagnonnage avec le Parc : valeurs partagées et innovation

Vivre dans le parc du Vercors permet d’aller plus loin. « On ne peut qu’adhérer aux cinq missions fondamentales du Parc, et depuis plus de 30 ans, nous en sommes partenaire. C’est un réservoir de matière grise, avec des chargés de mission expérimentés que des petites communes ne pourraient pas avoir. Et il y a une politique d’actions expérimentales, innovantes : ça ronronne pas ! » Ainsi, depuis 3 ans la commune étudie avec le Parc, et la société HLM DAH, la mise en place d’un réseau de chaleur alimenté par une chaufferie au bois déchiqueté, pour les bâtiments communaux et les 120 appartements DAH. Ce projet, né de la sensibilisation croissante des élus aux enjeux environnementaux et de l’accroissement du coût de l’énergie, s’inscrit dans une vision d’ensemble du développement de la filière bois-énergie sur le territoire du Vercors. Il s’agit de recenser et d’accroître la ressource bois-énergie, de la stocker sur une plate-forme commune, pour construire une réelle alternative énergétique. 

Solange Saulnier

Une montagnarde d’adoption.

Saint-Andéol en Trièves et en Vercors… à 40 km de Grenoble, au sortir de l’autoroute, il est une route buissonnière qui grimpe à l’assaut du balcon Est, jusqu’à un minuscule village aux beaux toits du Trièves. En bordure de la Réserve des Hauts-Plateaux. Centvingt âmes. Une mairie de montagne de la taille d’une cabane de berger. Un paysage qui vous souffle. Solange Saulnier en est devenu le maire en 2008.

Maire, un travail à part entière

Attachée de presse de la troupe de théâtre de Papagalli, grenobloise, femme de médecin, aujourd’hui montagnarde et maire à plein temps : la vie a des détours dignes de ceux des sentiers alpins. Solange Saulnier tombe amoureuse de Saint-Andéol il y a une vingtaine d’années, s’y installe progressivement : « un tel paysage, cet espace, ce calme, le silence, la nature »… Cependant le village est en difficulté, endetté, au sortir d’une procédure de mandatement d’office, traumatisé. On ne se bouscule pas pour en devenir le maire. Solange Saulnier, elle-même en deuil, choisit de relever le défi. Miracle d’une double résilience ? Sans argent, madame le Maire se bat pour obtenir les taux maximum de subvention, pour soutenir la diversification de son centre de vacances, y accueillir les handicapés, pour améliorer le cadre du village : « Il faut que la commune avance, malgré des moyens limités ». « Sans aucun emprunt, le patrimoine communal s’est enrichi. » Et, pour mener une politique de développement touristique autrement qu’avec de lourds investissements, la commune choisit de valoriser son site et sa biodiversité.

Faire partie du Parc, c’est un label de qualité

Saint-Andéol possède une large partie de son territoire situé dans la Réserve. Lorsque en 2002 s’ouvre l’enquête du Parc pour y créer une zone Natura 2000, la commune demande son extension à tout son territoire (hors zones constructibles). Ce grand réseau écologique européen vise à préserver les habitats de la faune et de la flore. La signature aujourd’hui d’une « Charte Natura 2000 » constitue une reconnaissance de la qualité de la biodiversité de la commune. Cela va lui permettre, avec l’aide du Parc, de poursuivre des pratiques respectueuses des habitats naturels, et cela va autoriser la valorisation touristique d’un patrimoine naturel exceptionnel.

jeudi 11 août 2011

Bernard Xueref et sa chocolaterie

Des racines paysannes et des ailes aromatiques.

Les yeux bleu clair étincellent au-dessus de la chemise rouge. L’homme est un de ces personnages que le massif du Vercors produit de temps à autre à son image : solide, complexe, revenant de loin, lumineux pourtant. Un paysan bien sûr, né sous les bombardements du 26 juin 1944 dans les bois de la Gervanne, ça prédispose. Miraculé une deuxième fois après un très grave accident en 1979, il s’intéresse alors à l’alimentation et la santé, en paysan-penseur. « J’ai beaucoup observé la nature, la multifonctionnalité dans la forêt, avant de devenir producteur de plantes aromatiques et d’huiles essentielles. Le pin sylvestre ça ne vaut rien dans nos régions, ça encrasse le feu, ça envahit les terres ; mais si je vends le tronc en papeterie, les branches en fagot et les bourgeons en distillerie, je transforme des déchets en ressources. » Parallèlement, Bernard Xueref devient un militant du monde rural associatif, souvent à Paris pour la fédération des CIVAM [1], président de l’APAP [2] dans les années 90 : « Le Parc du Vercors a été un modèle, c’est un territoire d’expérimentation qui mêle le savoir-faire paysan avec des projets culturels ».

L’équation chocolat + huile essentielle

Cet homme sait saisir l’occasion par les cheveux, et le Phénix se métamorphose à nouveau au début du millénaire quand, dans un bistrot de Crest, une rencontre passionnée a lieu avec Paul Keruel, maître chocolatier bio. Les « deux briscards » vont alors se lancer dans une folle entreprise, avec la complicité d’un autre baroudeur, André Deberdt, développeur du chocolat bio-équitable. « J’aime l’intelligence plurielle » sourit le nouvel entrepreneur, en senior flamboyant. L’affaire est sérieuse : Bernard Xueref anticipe que le développement de la réglementation européenne pourrait limiter le marché des huiles essentielles pour les agriculteurs, et d’autre part il y a bien plus de consommateurs de chocolat que d’huile essentielle. Pourquoi ne pas lier les deux ? Créer des chocolats aromatiques ? Parfait autodidacte, il monte un comité scientifique, étudie le chocolat avec un regard neuf, découvre comment celui-ci est devenu une friandise si appréciée de tous, et reprend la question à zéro. Huit mois d’essais pour stabiliser une recette, une bétonnière transformée en enrobeuse (n’oubliez pas que c’est un paysan du Vercors, qui fait du chocolat) : un produit d’avenir est né. Et une entreprise de cinq salariés, « La Frigoulette » (farigoulette de sa grand-mère), qui propose aussi des chocolats d’enfance, pures papillotes et malakoff bio-équitables, pralines et dragées de fêtes.

Franck Laforest, le Don Quichotte du Moulin de la Pipe

Descendre vers ce « grain de beauté niché dans l’échancrure des gorges, là tout au fond du décolleté* [1] », découvrir la large terrasse de la guinguette aux “Fritures de truitelles sauce Gribiche”, pénétrer dans le “café historique” digne de Corto Maltèse, s’installer dans la grande salle du moulin aux plus de 1000 concerts, boire une “Pipe bière de source” ou une “Eau de la Druise” pétillante, être accueilli par une femme ensoleillée et un rayon de Lune de quelques printemps, voir passer toutes sortes de visiteurs… Il est des lieux qui suscitent d’étranges histoires, sont faits de pâte humaine sur plusieurs générations, et demandent des âmes fortes.

Aventures et amitiés, l’invention d’un café-concert

« Je travaillais au café Costes à Paris, j’avais pas mal voyagé, mais quand je suis arrivé ici, je me suis dit : C’est mon coin ». Franck Laforest raconte cette histoire de deux jeunes gens qui, en 1986, reprennent ce lieu du bout du monde à l’orée des gorges d’Omblèze : une auberge réputée 50 ans durant, mais on est en plein exode rural. Première illumination fin 1988, quand la presse parle de « projet de développement touristique authentique » : créer un café-concert. Premier emprunt, achat d’un bar en inox à Milan, d’un superbe comptoir en orme à un bûcheron. Ils deviennent des professionnels de la musique, hissent la réputation du « gratin dauphinois au gratin hexagonal* ». Mais ils ne sont pas cuisiniers. Deuxième idée, deuxième emprunt : investir dans la cuisine pierrade. Le café connaît des nuits d’anthologies – jusqu’à 1700 personnes. Ça marche si bien qu’ils se lancent dans un gros emprunt pour créer un hôtel dans l’ancienne laiterie. Et là, c’est la catastrophe. Malfaçons, arrêt du chantier, gros concerts annulés par la pluie, dettes, dépression. Son ami, Philippe Bourgue, abandonne. Franck, né dans une famille de restaurateurs, fait le gros dos.

Le mariage de la lune et du soleil, naissance d’un hôtel contemporain

Au début des années 2000, Michellemarie, belle polyglotte, devient sa compagne. « Franck a le nez fin. Il a été l’un des premiers en 2004 à s’inscrire dans les “séjours pittoresques” des coffrets cadeaux “Smartbox” : ça a lancé l’hôtel », dit celle qui s’occupe de la gestion, décore les lieux. Avec le nouveau duo, le moulin repart. Ses deux scènes reprennent leur programmation musicale confiée à l’association Coefficient 7. Les amis de 20 ans, leurs enfants réservent des soirées privées. De gros investisements sont réalisés entre 2008 et 2011, et tout d’un coup il y a là un hôtel de 60 lits, aux belles chambres en duplex, aux normes (sécurité, mobilité réduite), utilisant un logiciel de gestion sophistiqué avec réservation internet intégrée. Une cuisine de qualité. Une île employant 15 personnes. « Le moulin bénéficie de la synergie de la vallée de la Gervanne, au croisement de la beauté de la nature du Vercors (site classé, Natura 2000) et de la richesse culturelle de la Drôme » conclut Franck Laforest…

Le moulin de la Pipe

Établissement “Marque Accueil du Parc du Vercors”

26 400 Omblèze

0475764205

www.moulindelapipe.com