Le jeune gypaète barbu relâché sur le Vercors en Juillet dernier ne souhaite plus que l’on connaisse le moindre de ses déplacements. Sa vie privée, semble t-il ne nous regarde plus.

Braquage de banque… Il est peut être sur un gros coup ?

Délit de fuite ?

Quête amoureuse ?

Se sont les questions que l’on se pose puisque depuis avant hier, il s’est volatilisé dans la nature en se débarrassant on ne sait comment de son émetteur GPS.

L’oiseau, parti depuis le mois de novembre dans le massif du Mercantour a provoqué l’inquiétude des agents du Parc ce mardi matin. En effet, à 5 heures du matin, le module associé au GPS détecte une baisse anormale de température sur le corps de Stéphan, situé vers Barcelonnette. Aussitôt le module actionne le GPS et active également le réseau GSM ce qui permet de localiser l’oiseau. Tôt mardi matin, nous recevons un appel inquiet du laboratoire scientifique de Suisse (qui reçoit ses informations et nous les transmet après traitement) nous faisant part de cette dernière « observation ».

Branle bas de combat !!! Les femmes et les enfants d’abord !! C’est aussitôt la farandole des coups de fils dans le bureau… Contacter le Parc du Mercantour, ses gardes, ses responsables… afin qu’ils puissent partir à la recherche de l’oiseau peut être mort, ou blessé. Une autre possibilité, celle qui nous plaisait le plus, étant de retrouver le GPS seul et abandonné…

N’ayant toujours aucunes nouvelles dans l’après midi, l’inquiétude persiste.

Dans la soirée, des gardes du Parc du Mercantour rappellent le Vercors. Ils sont bredouilles… pas de trace de Stéphan. Ni du GPS. On hésite… se rendre sur le terrain pour aider nos amis du Mercantour ? Attendre encore ?

Et ce matin soulagement partiel : les gardes ont enfin mis la main sur… l’émetteur GPS, seul et abandonné dans la neige.

Ouf, l’oiseau n’est donc pas mort. A noter que c’est quand même la deuxième fois que notre jeune gypaète nous donne des cheveux blancs (premier appel de détresse en septembre dernier). Les gardes du Parc vieillissent à vue d’œil !

La mort d’un gypaète est toujours dommageable pour ce rapace inscrit sur la liste des espèces menacées. Pour rappel, le taux de reproduction des gypaètes est assez faible car en moyenne un jeune sur trois s’envole avec réussite d’un nid et cet oiseau n’atteint sa maturité sexuelle qu’à partir de 7 ans. La quantité de gypaètes juvéniles disponibles pour les lâchers est malheureusement faible. La mort de Stéphan aurait donc été à déplorer pour cette espèce en danger.

Maintenant que faire ??? Laisser Stéphan braquer une banque en toute tranquillité ??? La question reste en suspens, l’idéal serait de remettre la main sur l’oiseau en fuite afin de le rééquiper avec son émetteur GPS. Mais comment attraper ce prince des airs ?? Sans compter que fort de sa liberté nouvellement acquise, il ne sera certainement pas ravi d’avoir de nouveau ses « paparazzis » sur le dos !!

Afin de nous aider à retrouver Stéphan, n’hésitez pas à nous le signaler si vous le voyez. Nous vous rappelons que la clé de reconnaissance de cet oiseau est la suivante : deux plumes décolorées sur l’aile droite (la 23 et 24) et deux sur l’aile gauche (la 11 et 12). Il porte également une bague couleur cuivre sur chaque patte. (Pour plus d’infos, voir la clé de reconnaissance des gypaètes dans les articles précédents).

Attention : les gypaètes commencent leur première mue au cours de leur deuxième année, remplaçant de manière aléatoire certaines plumes (dont les plumes décolorées !) Ils changent entièrement de plumage d’ici à la fin de leur troisième année. En revanche, les bagues elles, persisteront toute sa vie. (Mais elles sont plus dures à observer !)

D’une manière générale, si vous apercevez un gypaète là-bas ou sur le Vercors ; si vous êtes témoins, d’un vol -de pierres précieuses !- (nous ne sommes sûrs de rien avec un tel individu !!) référez-vous à l’article prévu sur les observations (articles précédents dans le blog) et prévenez nous !!