L’envol d’une petite reine

Comme convenu, ce lundi 8 juillet, la liberté a été offerte à Gerlinde. A 10h24, le grillage de son côté a été retiré. Dès que Bruno, le garde, ne fut plus en vue, elle avança à pas assurés et sortit de la cavité. Comme les années précédentes elle en longea le bord en faisant quelques battements d’ailes accompagnés de sautillements mais sans jamais être déséquilibrée. Après avoir franchi la sortie, elle s’est aventurée sur le sentier d’accès à la cavité, à pied au milieu des pins à crochets ! Nous commencions à nous demander si on nous avait pas vendu un faisan quand arrivée au milieu du chemin, après avoir exploré les alentours pendant une heure, à 11h41, elle s’est positionnée face à la pente et d’un bond fantastique s’est élancée dans le vide. Six battements d’ailes puissants ont suffi à lui donner l’élan nécessaire pour enchaîner un magnifique plané parfaitement maîtrisé. Suivant une courbe gracieuse, elle a contourné l’avancée rocheuse où se trouve la cavité pour aller se poser 800m plus loin dans le pierrier au-dessus de la piste situé juste avant l’accès à la cavité. L’atterrissage fut parfaitement maîtrisé, elle est arrivée face à la pente, pattes en avant, prêtes à amortir le choc. La stupéfaction fut de mise devant la performance de cette gypaète décidément exceptionnelle d’autant plus que seulement 10min après le premiers vol elle en fit un deuxième sur 50m en survolant le pierrier. Dès le lendemain, mardi 9 juillet, elle est partie vers le cirque d’Archiane pour se percher dans les Aiguilles au-dessus de Bénevise. Elle est restée dans le secteur jusqu’au mercredi matin où elle s’est envolée en direction des Reposoirs puis a été perdue de vue. Elle a ensuite été aperçue au-dessus de la pointe de Tussac. C’est le lendemain qu’elle a pu être observée pendant une heure et de nouveau vendredi 12 juillet pendant la curée qui a été effectué sur la pointe exprès pour elle. Elle s’est posée à distance, a d’abord observé et s’est finalement approchée lorsque la curée fut presque finie pour pouvoir s’alimenter à son tour.

Kirsi quand à lui a été très perturbé par le départ de sa compagne de taquet. Il a ainsi changé complètement de rythme à partir de mardi. Son taux d’activité a diminué de manière très nette, il reste la majeure partie du temps couché dans son nid ou sur son perchoir à contempler le vide. Jeudi on a remarqué qu’une de ses rémiges était par terre, il s’amusait d’ailleurs avec. Le lendemain c’est sa première rémige primaire qui pendait mollement, retenue à son aile par un tout petit bout de kératine. S’arracherait-il les plumes ? Dans ce cas son état devient inquiétant, d’autant plus qu’il mange, bois et fiente beaucoup moins.

Nous espérons qu’il se remettra vite et que Gerlinde continuera à nous en mettre pleins les yeux !